PNAMN 2022-2026 — Plan National d'Action Multisectorielle pour la Nutrition

« Mpinamana » veut dire « Amis » en malagasy pour signifier la multisectorialité. 4e itération du plan national, traduisant la Politique Nationale de Nutrition (2022-2030) en actions multisectorielles concrètes.

Avant-propos

Nous ne devons pas admettre que deux enfants Malagasy sur cinq grandissent dans des conditions ne leur permettant pas de devenir un adulte pleinement épanoui, en bonne santé et productif. La santé, l'environnement et l'alimentation des nourrissons, des jeunes enfants, des adolescents, des femmes en âge de procréer, des mères et de tous les Malagasy doivent être au cœur de toutes nos actions.

La malnutrition entraîne des séquelles physiques et freine souvent le développement cognitif de l'enfant. Les 1000 premiers jours de la vie sont les plus déterminants : une mauvaise alimentation peut entraîner des conséquences irréversibles sur la croissance et la santé. La malnutrition chronique est de 39,8% chez les enfants de moins de 5 ans selon l'EDSMD-V 2021.

La malnutrition aiguë sévit plus particulièrement dans les régions Sud : environ 1,14 million sur 2,7 millions de personnes dans le Grand Sud souffrent d'insécurité alimentaire aiguë (phase 3 ou plus, IPC) pour avril-septembre 2021, dans un contexte marqué par trois années consécutives de sécheresse et la pandémie de COVID-19 — la crise alimentaire et nutritionnelle dite « kéré ».

La sécurité nutritionnelle ne peut être atteinte qu'à travers une approche multisectorielle. La nutrition est l'un des investissements au coût le plus faible, mais avec un impact le plus élevé.

Le Professeur VOLOLONTIANA Hanta Marie Danielle — Coordonnateur National, Office National de Nutrition

Contexte

1. Contexte général

1.1 Contexte physique et démographique

  • Madagascar : 587 041 km², 23 régions, 119 districts, 1 693 communes, 18 251 Fokontany
  • Population (RGPH-3, 2018) : 25 674 196 habitants, dont 51% de femmes
  • Population majoritairement rurale (81%), densité de 43,4 hab/km²
  • Population jeune : 49% de moins de 15 ans ; 14% de moins de 5 ans
  • Croissance démographique annuelle : 3,01% ; 4,2 individus par ménage en moyenne

1.2 Contexte économique et politique

  • Madagascar en situation de fragilité depuis 2013 ; plus de 75% de la population vit sous le seuil d'extrême pauvreté (< 1,90 USD/jour)
  • 45,5% de la population en pauvreté multidimensionnelle extrême
  • Croissance de 4,8% en 2019 (niveau inédit depuis dix ans) avant la forte récession déclenchée par la COVID-19
  • Plusieurs crises politiques depuis 1960 (1972, 1991-1992, 2001-2002, 2009-2013)
Diagnostic

2. Situation de sécurité nutritionnelle à Madagascar

Malnutrition chronique

39,8% chez les enfants < 5 ans (2021) — 10e pays mondial, 7e en Afrique. Seuil très élevé OMS/UNICEF (30%). Fortes disparités : Vakinakaratra 51,9%, Itasy 51,6%, Haute Matsiatra 49,2%, Amoron'i Mania 49,1%. Plus de 1,6 million d'enfants malnutris chroniques.

Malnutrition aiguë

7,7% en 2021 (tendance dégressive depuis 2013), touchant 310 000 enfants. Dé passe les 5% au niveau national ; dépasse 15% dans le Grand Sud (situation très grave).

Insuffisance pondérale à la naissance

Environ 13% de nouveau-nés avec un poids < 2 500 g, stable depuis dix ans.

Carences en micronutriments

42% des enfants < 5 ans et 35% des femmes carencés en vitamine A ; 45% des enfants et 27% des femmes anémiques ; insuffisance en iode (médiane 46 µg/l).

Surpoids et obésité

1,8% d'enfants < 5 ans en surpoids ; obésité chez les 5-19 ans passée de 0,4% (2000) à ~1,8% (2016). Diabète : 4,8% des femmes et 6,3% des hommes adultes.

Alimentation du nourrisson et de la femme

54% d'allaitement maternel exclusif < 6 mois ; 20% des enfants de 6-23 mois avec un régime alimentaire minimum acceptable ; seulement 50% des enfants supplémentés en vitamine A.

Sécurité alimentaire des ménages

  • 44,4% de la population en sous-alimentation (FAO, 2016-2018)
  • 76% de la population n'atteignent pas l'apport calorique minimal de 2 133 kcal/jour
  • 84,2% ont une part élevée de l'énergie alimentaire issue des aliments de base
  • 58% des ménages ont un régime pauvre en quantité ; 60% pauvre en qualité
  • 37,9% de la population en sécurité alimentaire
  • IFM 2020 : Madagascar 105e sur 107 pays
  • 1 643 000 personnes en insécurité alimentaire aiguë élevée (IPC 3+) dans le Grand Sud (déc. 2021)
  • Risque de première famine au monde causée par le changement climatique (PAM)

Conséquences de la malnutrition (coût de la faim)

1 533,6 M USD

perdus en 2013 (3 384,5 milliards MGA) — ~7% du PIB par an

44%

des mortalités infantiles associées à la sous-nutrition (> 261 000 enfants)

66%

des adultes (15-64 ans) ont souffert d'un retard de croissance enfant

23%

taux de redoublement des enfants souffrant de sous-nutrition (vs 17%)

Couverture : 7 Ministères, ~15 catalyseurs, 41 exécutants et 27 bailleurs de fonds pour les 24 Actions Clés de Nutrition (ACN) priorisées du PNAN III. Budget nutrition : 1,22% du budget de l'État en 2021 (vs engagement FANUS de 3%).

Historique

3. Historique de la lutte contre la malnutrition

1992-1996

Adhésion aux sommets mondiaux (Conférence Internationale sur la Nutrition 1992, Sommet Mondial de l'Alimentation 1996).

1993

Mise en place du projet SEECALINE, projet pionnier de nutrition.

2004

Adoption de la première Politique Nationale de Nutrition (PNN).

2005-2007

Création de l'ONN (2005) et du Conseil National de Nutrition (CNN, 2007) sous l'égide de la Primature.

2005-2021

PNAN I (2005-2011), PNAN II (2012-2015), PNAN III (2017-2021). Adhésion au Mouvement SUN dès février 2012.

2022

Nouvelle PNN (2022-2030) avec l'approche systémique pour la nutrition ; 4e itération renommée PNAMN (2022-2026), validée les 19 et 20 avril 2022.

Méthodologie

4. Méthodologie (approche participative inclusive)

Étape préliminaire

Trois évaluations : PNAN 3 & PNSE 3 (juillet 2021), examen du PNAN III par MQSUN+ (août 2020), examen du processus d'élaboration.

Étape 1 : Préparation

Revue documentaire, cartographie et analyse du cadre politique, formation régionale, cartographie des interventions et analyse budgétaire 2017-2021.

Étape 2 : Consultation régionale

Ateliers de concertation dans 22 régions + interviews téléphoniques des acteurs communautaires, basés sur la Théorie du changement.

Étape 3 : Consultations nationales

Consolidation des informations régionales, ateliers nationaux par 5 systèmes et 2 axes transversaux, ateliers ONN/ORN (présentiel et virtuel).

Étape 4 : Rédaction

Élaboration de drafts à chaque étape, intégrant les produits des consultations.

Étape 5 : Validation

Validation technique ONN/ORN le 19 avril 2022 ; validation technique finale avec toutes les parties prenantes le 20 avril 2022.

Approche systémique pour la nutrition

Renforcer la capacité des cinq systèmes clés ayant le plus grand potentiel pour fournir des aliments nutritifs, des services nutritionnels de qualité et des pratiques nutritionnelles optimales tout au long du cycle de vie :

Alimentaires Santé EAH Éducation Protection sociale

Plus 2 axes transversaux : coordination/gouvernance/communication et gestion des risques et des catastrophes.

Principes directeurs de la PNN

  • Droit à l'alimentation et à la nutrition
  • Équité et considération du genre
  • Coordination multisectorielle
  • Collaboration et partenariat
  • Éthique et bonne gouvernance
  • Décentralisation et pérennisation
  • Efficacité de l'utilisation des fonds
ambitions

5. But et objectifs du PNAMN

But

Assurer le droit de la population malagasy à une nutrition adéquate en vue d'améliorer la survie des enfants et de permettre un développement maximal de leurs potentialités physiques et intellectuelles, et promouvoir la santé et le bien-être de la population cible, par la synergie des interventions multisectorielles.

Objectif global

Assurer pour chaque famille Malagasy un bon état nutritionnel et un accès à une alimentation sûre et saine, pour garantir le développement du capital humain.

Objectifs généraux d'ici 2026

  • Réduire de 39,8% à 28,4% le pourcentage d'enfants < 5 ans présentant une malnutrition chronique
  • Réduire de 26,4% à 20,4% le pourcentage de femmes en âge de procréer anémiques
  • Réduire de 16,3% à 13,8% le pourcentage de nouveau-nés en insuffisance pondérale
  • Réduire et maintenir à moins de 1% le pourcentage d'enfants < 5 ans en surpoids
  • Augmenter de 57,4% à 70,2% le taux d'allaitement maternel exclusif (6 premiers mois)
  • Réduire et maintenir à moins de 5% le pourcentage d'enfants < 5 ans en malnutrition aiguë

Calculs réalisés avec l'outil OMS Nutrition Global Targets Tracking Tool (données JME 2021, baseline 2012).

Plan d'action

6. Orientations stratégiques

Cinq systèmes, deux axes transversaux. Cliquez sur chaque volet pour découvrir les interventions et les résultats attendus d'ici 2026.

6.3 — Système de santé pour la nutrition (7 interventions)

Objectifs d'ici 2026 : femmes avec IMC normal 26,7% → 35% ; anémie chez les enfants 6-59 mois 45,9% → 40% ; bébés allaités dans l'heure 45% → 70% ; fréquence minimale de repas 6-23 mois 83,9% → 90% ; ≥ 75% des enfants MAS guéris ; vaccination de base au CSB → 90% ; besoins en planification familiale modernes satisfaits 65% → 75%.

Portefeuille Essentiel en Nutrition (PEN) : mise à l'échelle d'au moins 17 interventions préventives et cliniques, en 4 paquets d'interventions.

InterventionRésultats attendus d'ici 2026 (extraits)
I1. Améliorer l'apport alimentaire et nutritionnel de toute la population (aliments fortifiés/sel iodé, campagnes de sensibilisation, bonnes pratiques des restaurants)≥ 1 campagne de masse annuelle nationale et régionale sur les aliments fortifiés ; ≥ 1 campagne/an sur les bonnes pratiques alimentaires ; ≥ 60% des établissements de restauration collective appliquent les 5 clés OMS.
I2. Femmes enceintes (FAF/multi-micronutriments, déparasitage, paludisme, pesée, supplémentation protéino-énergétique, éducation nutritionnelle, CCSC)90% supplémentées ; 90% déparasitées (> 4 mois) ; 70% TPI / 90% sous MID ; 95% pesées ; 70% supplémentation dans zones en insécurité alimentaire ; 80% counseling ; 50% touchées par la campagne CCSC.
I3. Enfants de moins de 5 ans (vitamine A, déparasitage, peau-à-peau et allaitement précoce, ANJE 0-23 mois, alimentation complémentaire, mères kangourous, femmes allaitantes, MNP, clampage différé, environnement propice à l'allaitement, suivi croissance, stimulation précoce)80% supplémentés vitamine A ; 80% déparasités ; 70% contact peau-à-peau ; 80% counseling AM ; 80% counseling alimentation complémentaire ; 50% centres « mères kangourous » ; 50% MNP dans zones ciblées ; 100% maternités « amies des bébés » fonctionnelles ; 80% suivi croissance ; 50% sites stimulation précoce.
I4. Adolescentes non scolarisées (FAF intermittent, déparasitage, éducation nutritionnelle, CCSC)30% supplémentées en FAF ; 30% déparasitées ; 30% sensibilisées ; campagnes CCSC menées.
I5. Prise en charge de la malnutrition aiguë (dépistage communautaire, CRENAS/CRENI, CRENAM, femmes enceintes/allaitantes MAS)60% des enfants 6-59 mois dépistés ; CRENAS 1 300 → 1 600 ; 80% districts avec CRENI ; > 75% guérisons ; couverture MAS 60% ; rupture d'intrants < 5 jours/an ; 50% sites communautaires avec CRENAM.
I6. Maladies liées à la nutrition (diarrhée SRO/Zinc, PCIMEc, vaccination, CPN, MNT, tuberculose/lèpre, VIH)90% diarrhée traitée SRO/Zinc ; 50% sites PCIMEc ; 90% vaccination complète 12-23 mois ; 68% CPN1 ; 80% établissements prévention MNT ; 90% TB/lèpre ; 10% PVVIH prise en charge nutritionnelle.
I7. Grossesses précoces et taille des ménages (planification familiale, accès des jeunes aux méthodes)40% de femmes 15-49 ans utilisant méthodes modernes ; 46% d'adolescentes avec accès PF.
6.4 — Systèmes alimentaires pour la nutrition (3 interventions)

Objectifs d'ici 2026 : diversité alimentaire minimale des enfants 6-23 mois 27,4% → 50% ; régime minimal acceptable 20% → 30% ; insécurité alimentaire chronique 8% → 5% ; 50% de femmes avec diversité alimentaire minimale ; score de diversité des ménages 5,9 → 6,9 ; 1 → 3 activités de fortification de masse ; iode urinaire 46 → ≥ 250 µg/L.

InterventionRésultats attendus d'ici 2026 (extraits)
I1. Accès à une alimentation saine, équilibrée, diversifiée et nutritive (intensification/diversification agricole, élevage cycle court, aquaculture/pêche, fortification de masse et biofortification, greniers communautaires villageois, transformation locale, entrepreneuriat jeunes/femmes, services agricoles sensibles à la nutrition, financement agricole, normes sanitaires)+35% productivité (fruits/légumes, légumineuses, lait) ; score diversité 6,9 ; +10%/an production par groupe d'aliments ; +20% élevage cycle court ; 2 variétés biofortifiées ; 2 nouveaux aliments fortifiés ; ≥ 90% de sel iodé/fluoré consommé ; 20% Fokontany avec GCV ; 10 unités de transformation/district ; 50% entrepreneurs jeunes/femmes ; 20% ménages avec accès financement.
I2. Production résiliente face au changement climatique (agriculture intelligente face au climat, conservation des nutriments)+20% ménages adoptant ≥ 1 technique AIC ; +20% techniques de conservation des nutriments.
I3. Sécurisation alimentaire et nutritionnelle dans le Grand Sud (stratégie agricole de diversification, approche pôles de développement, nexus humanitaire-développement-paix)Stratégie harmonisée disponible ; 80% des activités de la stratégie mises en œuvre.
6.5 — Système eau, assainissement et hygiène (EAH) pour la nutrition (5 interventions)

Objectifs d'ici 2026 : accès eau potable de base 47% → 60% ; assainissement de base 30% → 55% ; hygiène de base 21% → 45% ; +10% CRENA/CRENI et sites communautaires avec services clés EAH ; adoption MUS/MUSE.

InterventionRésultats attendus d'ici 2026 (extraits)
I1. Accès à l'eau potable (gestion de l'eau par les femmes, réhabilitation d'infrastructures, traitement de l'eau à domicile)50% de femmes dans les comités de gestion fonctionnels ; ≥ 60% taux de desserte ; 80% de ménages appliquant ≥ 1 technique de traitement de l'eau.
I2. Assainissement des ménages et communautés (FDAL, latrines améliorées)100% de Malagasy ayant abandonné la défécation en plein air ; 10% de ménages avec latrines améliorées ; assainissement de base 30% → 55%.
I3. Pratique de l'hygiène (4H) (lavage des mains, code municipal d'hygiène, « Ami de WASH », salubrité des aliments)45% ménages avec dispositif lavage des mains ; 54% formations sanitaires ; 25% écoles publiques ; 23 codes municipaux ; 50% FS CRENI/CRENAS et 60% écoles « Ami de WASH » ; 90% gargotes certifiées ; 90% hôtelin-jaza autorisés sanitairement.
I4. Services clés EAH dans les sites communautaires de nutrition+10% de communes inscrivant l'EAH dans le PLD ; ≥ 25% PTF ; +10% sites communautaires couverts ; 70% de femmes adoptant les messages EAH.
I5. Approche MUS/MUSE (usage multiple de l'eau)10% de ménages sensibilisés ; +1% de ménages pratiquant le MUS/MUSE.
6.6 — Système éducation pour la nutrition (2 interventions)

Objectifs d'ici 2026 : 25% des écoles primaires publiques avec le paquet complet Alimentation et Nutrition Scolaire (ANS) ; anémie chez les filles 5-19 ans 27,8% → 21,7% ; adolescentes 15-19 ans avec IMC < 18,5 28,3% → 21,3%.

Le paquet ANS comprend : alimentation scolaire, éducation nutritionnelle, paquet santé, paquet WASH in School, paquet agriculture (jardins scolaires). En 2020, 1 776 écoles primaires sur 25 540 disposaient d'une cantine (~7%).

InterventionRésultats attendus d'ici 2026 (extraits)
I1. Renforcer le paquet de nutrition en milieu scolaire (cantines scolaires, FAF, déparasitage, alimentation riche en micronutriments, jardins potagers, visites médicales/carnet de santé, intégration de la nutrition en classe, SRAJ, communication)25% EPP avec cantines ; 90% élèves supplémentés FAF et déparasités ; 100% écoles cantinées avec éducation nutritionnelle ; 50% avec jardin potager ; 20% visites médicales et carnets de santé ; 100% enseignants formés ; 25% écoles avec formation SRAJ ; plan de communication élaboré ; campagnes de diffusion de messages.
I2. Coordination intra et intersectorielle en milieu scolaire (protocole d'accord MSANP/MEAH/MINAE, COPILANS)1 protocole d'accord interministériel signé ; 8 réunions du COPILANS effectuées.
6.7 — Système de protection sociale pour la nutrition (3 interventions)

Objectifs d'ici 2026 : 15% des ménages en extrême pauvreté avec couverture de protection sociale efficace ; 11,5% avec transferts monétaires réguliers ; 3,5% avec transferts monétaires contre travail productif ; 50% des ménages bénéficiaires et femmes enceintes sensibilisés en nutrition.

Cadre : PNPS (2015), SNPS 2019-2023, PNFSS (5% des ménages extrêmement pauvres ciblés, objectif 50% d'ici 2030). Le taux de malnutrition est l'un des 7 critères de ciblage des transferts (RSU / Ministère de la Population). Dépenses de protection sociale : ~0,7% du PIB (2014), dernier rang de l'indice PNUD Afrique.

InterventionRésultats attendus d'ici 2026 (extraits)
I1. Protection sociale des groupes vulnérables (dispositifs d'orientation, guide des filets sociaux sensibles à la nutrition, financement des femmes rurales, transferts monétaires, HIMO avec formations nutrition/agriculture/EAH, centres d'accueil handicap)7 dispositifs d'orientation ; 1 guide élaboré ; 157 000 femmes rurales financées ; 11,5% (574 000 ménages) transferts réguliers ; 3,5% (123 000 ménages) transferts contre travail ; 6 centres d'accueil.
I2. Documents cadres de la protection sociale (loi 2017-028, décrets 2017-327, 2017-844 — annuaire des interventions et registre des bénéficiaires, 2015-1034)Cadre juridique rendu sensible à la nutrition et disponible.
I3. Coordination de la protection sociale (convention de confidentialité des données, GTPS régionaux, cartographie des acteurs, registre social unique)Convention mise en place ; 10 GTPS redynamisés + 13 créés au niveau régional ; cartographie mise à jour annuellement.
6.8 — Axe transversal : coordination, gouvernance et communication (6 interventions)

Objectifs d'ici 2026 : renforcer le cadre politique et réglementaire ; améliorer le mécanisme de coordination multisectorielle ; accroître la mobilisation des ressources ; asseoir la notoriété et le leadership de l'ONN.

InterventionRésultats attendus d'ici 2026 (extraits)
I1. Cadre juridique pour la nutrition (adoption PNN, fortification alimentaire, détaxation des fortifiants, substituts du lait maternel)PNN adoptée ; 2 textes réglementaires sur la fortification élaborés et appliqués ; texte sur la détaxation ; texte sur les substituts du lait maternel appliqué.
I2. Coordination intra et intersectorielle (intégration de la nutrition dans les plans, plateformes SUN, structure de coordination national/régional/communal, diagnostic ONN, renforcement de capacités, ANFA)Nutrition intégrée à la PGE ; 100% plans sectoriels et régions (PRD) ; plateformes SUN opérationnelles ; ≥ 1 réunion ONN-CNN/an, BPCNN 2/an, ORN-CRN/an ; MOU avec chaque partenaire ; cartographie mise à jour ; 50% d'agents techniques formés ; AG ANFA annuelle.
I3. Suivi et évaluation du PNAMN (mécanismes de S&E national et régional, PNSE, revues annuelles, supervisions)PNSE développé et appliqué ; CNSE 2 fois/an ; 100% GRSE trimestriels ; ≥ 1 revue annuelle de coordination.
I4. Recherche en nutrition (plan de recherche, plateforme MIKASA des chercheurs SUN)Plan de recherche développé ; 50% des partenaires diffusent leurs résultats ; 50% des régions membres ; 50% des résultats vulgarisés.
I5. Plaidoyer et mobilisation des ressources (costing, stratégie de plaidoyer, plaidoyer budget État et PTF, comptabilisation, « basket fund »)Budget de mise en œuvre élaboré ; stratégie publiée (90% d'acteurs impliqués) ; ≥ 50% d'augmentation annuelle du budget nutrition ; ≥ 200 millions USD des PTF d'ici 2026 ; comptabilisation annuelle État/PTF ; basket fund en place.
I6. Communication et plaidoyer (stratégies de plaidoyer et de communication, cadre commun, stratégie nationale CCSC)Stratégies élaborées et publiées ; cadre commun de plaidoyer ; stratégie nationale de communication pour le changement social et comportemental.
6.9 — Axe transversal : gestion des risques et des catastrophes pour la nutrition (3 interventions)

Objectifs d'ici 2026 : malnutrition aiguë < 5% dans les zones affectées ; TMM5 < 2/10 000/jour dans les zones affectées ; renforcement de la résilience d'au moins 80% des ménages cibles. Madagascar : 12e pays le plus vulnérable aux événements extrêmes (2000-2019), frappé par ~1,5 cyclone/an.

InterventionRésultats attendus d'ici 2026 (extraits)
I1. Préparation, prévention et mitigation (volet nutrition dans les plans de contingence, pré-positionnement vivres/non-vivres, Système de Surveillance Nutritionnelle, comité SMART)Volet nutrition opérationnel ; 90% sites de pré-positionnement approvisionnés ; 100% régions affectées couvertes par la SSN ; 1 bulletin trimestriel ; 50% communes avec outils locaux ; ≥ 4 réunions SMART/an.
I2. Prise en charge des populations touchées (cluster nutrition, enquêtes SMART, HIMO/VCT/ACT, rations/cash, dépistage actif et équipes mobiles, PECMAS/PECMAM, vitamine A, compléments nutritionnels, éducation familiale, ANJE-urgence, code des substituts)Réunions mensuelles du cluster ; ≥ 1 enquête SMART début et fin de crise ; 80% ménages HIMO ; 60% rations/cash ; 90% enfants dépistés ; 32% admissions MAS via équipes mobiles ; ≥ 75% guéris PECMAS/PECMAM ; 90% vitamine A et déparasitage ; 90% populations vulnérables avec compléments ; 50% sites « amis des bébés ».
I3. Réhabilitation et relèvement (intrants et matériels agricoles, travaux HIMO sensibles à la nutrition, plan de relèvement)100% ménages vulnérables dotés en intrants ; 60% appuyés par HIMO/VCT ; plan de relèvement mis à jour et disponible à temps.
Gouvernance

7. Modalités de mise en œuvre et plan de suivi et d'évaluation

7.1.1 — Le BPCNN : missions et responsabilités

Le pilotage du PNAMN est assuré par le CNN à travers son Bureau Permanent (BPCNN). Le CNN joue un rôle prépondérant à travers l'influence de ses membres dans les secteurs où ils œuvrent. Le BPCNN approuve, valide et donne les orientations stratégiques à l'ONN, veille à l'exécution des directives via le suivi (planification, rapports périodiques, audits et évaluations externes — décret n°2007-394). Réunions régulières : au moins deux fois par an.

7.1.2 — Les organes d'exécution du plan

L'ONN assure la coordination multisectorielle et le suivi de la mise en œuvre du PNAMN, avec ses branches opérationnelles : l'U-PNNC (nutrition communautaire) et l'U-PPSN (prévention et sécurisation nutritionnelle).

Ministères partenaires : Santé Publique, Agriculture et l'Élevage, Pêche et Économie Bleue, Industrialisation/Commerce/Consommation, Économie et Finances, Population/Protection Sociale/Promotion de la Femme, Éducation Nationale, Eau/Assainissement/Hygiène, Enseignement Supérieur et Recherche Scientifique, Travail/Emploi/Fonction Publique/Lois Sociales, Sécurité Publique, Défense Nationale, Intérieur et Décentralisation.

Agences : ACSQDA (contrôle sanitaire des denrées), BNM (normes de fortification), BNGRC (gestion des risques et catastrophes). Groupes : Cluster Nutrition, ANFA, Task Force ANJE.

Plateformes SUN : HINA (société civile, décentralisée dans 23 régions), ANJARAMASOANDRO (secteur privé), MIKASA (chercheurs), plateforme humanitaire du secteur privé.

À l'échelle régionale : les ORN assurent le suivi régional en collaboration avec les services techniques décentralisés.

7.1.3 — Communication et concertation

Mécanismes : site web de l'ONN, réunions de coordination, bulletins d'information, publications. Concertation : structures de concertation (5 plateformes SUN, CNN, CRN), forum national, réunions d'études.

7.1.4 — Financement

BPCNN : direction stratégique du fonds, approbation des plans de travail et budgets annuels de l'ONN. Ressources internes (budgets sectoriels), plaidoyer budgétaire, ressources locales (budget communal, région), financements externes (bailleurs et PTF, après costing), financements innovants (PPP, fonds fiduciaire de nutrition en cours d'étude).

7.1.5 — Contrôle

Contrôles administratifs, financiers et juridictionnels (IGE, Inspection des Finances, Contrôle financier, Cour des Comptes — décret n°2007-394, art. 25), audit interne ONN et audit externe indépendant avec certification des états financiers présentés au BPCNN.

7.2 — Suivi et évaluation

Comité National de Suivi-Évaluation (CNSE)

Techniciens des ministères et services, agences de mise en œuvre (AMIO), PTF et acteurs de la nutrition. Au niveau régional : les Groupes Régionaux de Suivi-Évaluation (GRSE).

L'ONN centralise et consolide les indicateurs, fournis par : les 22 (23) ORN via les GRSE, les cellules S&E des ministères, et les agences de mise en œuvre.

Évaluations

  • Mi-parcours (fin 2023) : externe par entité indépendante, pour mesurer les réalisations et recadrer le plan
  • Évaluation finale : indépendante et externe, autour des 5 critères (efficience, efficacité, impact, durabilité, pertinence)
  • Revues annuelles incluant une revue budgétaire interne ; actualisation du cadre logique après le mi-parcours

7.3 — Conditions de réussite et risques

Conditions de réussite

  • Objectifs clairement définis de manière participative et consensus sur la politique sectorielle
  • Leadership revendiqué de l'ONN et communication institutionnelle
  • Instruments de gestion, coordination et suivi pleinement efficaces
  • Mobilisation des ressources financières et plan de financement préalable
  • Prise d'initiative des partenaires et contexte de collaboration favorable
  • Programmation opportune des activités interdépendantes
  • Adhésion pleine et entière du secteur privé

Risques et limites

  • Dépendance au financement externe, suspendable en cas de crise politique
  • Catastrophes (cyclones, inondations, sécheresse, invasions acridiennes, COVID-19) pouvant anéantir les actions
  • Faible capacité des agents de mise en œuvre
  • Mauvaises habitudes alimentaires et pratiques ancestrales défavorables
  • Interventions en mode projet (2-5 ans), zones dispersées, indicateurs parfois absents
  • Corruption possible lors des contrôles (laboratoires, agents administratifs)

Annexes du document officiel : cadre logique du PNAMN, historique de la lutte contre la malnutrition, missions et responsabilités du BPCNN, listes des participants aux ateliers régionaux et nationaux de consultation.